La route entre Salta et San Pedro d'Atacama annonce la couleur ! Au-delà de la Quebrada de Humahuaca elle passe à plus de 4300m, au milieu du désert et des salars. Le regard n'a pas de limite, on touche le ciel, et une nouvelle fois c'est une explosion de couleurs.
On a même le droit à de la neige en plein désert après le passage de frontière avec le Chili. J'ai toujours mes petites feuilles de coca que je prends assez régulièrement, je ne ressens rien de spécial. A côté de moi dans le bus un Français, Kévin, qui se trouve aller dans la même auberge que moi.
Je suis très contente de retrouver le Chili et les paysages ici sont encore complètement fous et différents. L'auberge, Aji verde, n'est pas évidente à débusquer au départ mais géniale, fabriquée en adobe, avec de multiples terrasses abritées et une très bonne ambiance. A peine arrivés on rencontre deux Français super sympa, Solène et Geoffray, en voyage aussi pour plusieurs mois en Amérique du Sud. Le soir de notre arrivée on partage tous les 4 une pizza avec aussi la chienne de l'auberge, une vraie gourmande qui sait y faire... A la nuit tombée les températures chutent rapidement ! Le ciel est aussi splendide qu'à Vicuna, la voie lactée est même visible du jardin de l'auberge.
Le lendemain je fais le tour des agences d'excursions même si ça me tente moyen après mon expérience à Salta, il y a tellement à faire par ici, mais tout coûte tellement cher. En fin de journée je pars en vélo avec Solène, Geoffray et Kevin visiter la vallée de la lune à 5km de la ville, le terrain n'est pas toujours évident une fois dans la vallée.
Des concrétions calcaires, des dunes, un labyrinthe de grottes, il y a beaucoup à découvrir. On s'éclate dans le dédale des grottes de calcaires, dehors, dedans, dehors, dedans, on a même besoin d'une lampe frontale pour suivre le chemin par moment ! On arrive à un superbe point de vue pour le coucher de soleil, on le loupe de peu, la lumière reste très belle ! Nous sommes les derniers sur le chemin du retour, que l'on fait principalement de nuit à la frontale, environ 12 km. On s'arrête une bonne heure, encore à l'écart de la ville, pour observer les étoiles ! On rentre un peu crevés mais ravis.
Ori, un des Israéliens rencontrés en Antarctique, me rejoint le lendemain, on est trop contents de se revoir ! Les excursions nous tentent vraiment moyen, alors on tente le coup pour une voiture de location. On trouve notre bonheur, on invite Geoffray et Solène à se joindre à nous, et Stilly un Ecossais qui séjourne à l'auberge ! On récupère la voiture le lendemain matin pour 24h de folies, à travers des paysages grandioses !! La route alterne entre asphalte et pistes, l'altitude entre 2500 et 4300m, les volcans nous entourent, tout est splendide. On commence par la Lagune Chaxa, entourée d'un désert de sel et peuplée de flamants roses, au coeur du Salar d'Atacama.
On monte à la Lagune Miscanti, puis au Salar de Talar d'un blanc immaculé. On est quasi seuls sur la route, c'est le bonheur !!
On poursuit un peu, pensant faire une boucle, mais on est rapidement arrêtés par des Chiliens travaillant là qui nous déconseillent de passer par cette route vu son état. Sur le chemin du retour on s'arrête au site des pierres rouges !
On a de la bonne musique, on est tous très contents de notre journée et on finit en beauté dans une petite lagune du Salar d'Atacama, que l'on a pour nous tout seuls, pour profiter d'un magnifique coucher de soleil et d'un bon repas !! Avant de rentrer (parce qu'il le faut bien et que le lendemain on prévoit de se lever à 4h pour aller profiter des geysers du Tatio au lever de soleil) on observe encore un moment les étoiles. Ori s'y connait, il est guide de trek dans son pays et fait souvent des sorties "étoiles" dans le désert ! Une magnifique journée et soirée !!
C'est franchement dur au réveil ! Mais on reste quand même tous bien motivés ! Direction les geysers de Tatio à 4300m d'altitude, le thermomètre affiche moins 5 degrés ! Aïe, on n'avait pas vraiment prévu ce qu'il fallait ! On arrive peu avant le lever de soleil, après un peu moins de deux heures de route ! Le ciel nous offre un quart de lune et non loin de là Mercure, la petite, Vénus, la brillante, et de l'autre côté du ciel, Jupiter. Rien que pour cela on est déjà content de s'être levé tôt ! Le soleil apparaît tranquillement et baigne d'une douce lumière les geysers, encore peu actifs en cette saison. C'est la différence d'amplitude thermique qui les fait se réveiller le matin et le soir, en journée ils ne se montrent pas ! Les fumerolles de cette zone de haute activité géothermique s'élèvent de toute part !
Je prends le volant pour le retour, m'amusant à déraper un peu sur la piste, la lumière et les paysages sont encore fantastiques, on croise aussi pas mal d'Alpagas ! On rend la voiture au dernier moment, 24 heures géniales !
Le reste de la journée est bien plus tranquille, le soir il faut malheureusement déjà dire au revoir à Stilly, puis à Solène et Geoffray après une soirée pizza !
Le lendemain on repart pour 5h de vélo avec Ori et Jérôme, un américain, dans les gorges du diable, non loin du village. L'air est horriblement sec mais la roche couleur rouge et sable, et on se perd de plein gré dans un dédale de roches ! Ça monte un peu à l'aller avec pas mal de sable, rendant la balade à vélo pas toujours évidente mais ce n'est que du bonheur au retour, tout en descente et en virages :-) ! On monte ensuite jusqu'à un petit tunnel qui date de 1930, taillé dans la roche ! On se croirait sur Mars par ici, seule la vallée présente un peu de verdure !
On décide de partir avec Ori pour le sud de la Bolivie, dont le Salar d'Uyuni, accessible seulement en jeep avec un guide. On trouve une première agence qui nous annule le voyage pour une raison fumeuse la veille au soir (Janaj Pacha, à éviter donc), on réussit quand même à se faire rembourser puis on trouve une autre agence qui a l'air plus sérieuse (Cruz Andina) pour le voyage qui doit durer 3 jours ! On doit juste attendre la fin du carnaval en Bolivie, la plupart des agences ne partent pas pendant cette période, et c'est tant mieux car les chauffeurs y sont très souvent sous l'emprise de l'alcool, un gros problème en Bolivie.