Bon j’étais loin d’être la seule à être malade hier, presque tous les passagers ont ressenti le mal de mer, ils n’étaient que 12 présents au petit déjeuner… Tout le monde ne parle que de ça mais presque tout le monde se sent mieux aujourd’hui ! J’ai la méga pêche, une faim de loup et cette journée promet de belles choses !
Et je vais largement pouvoir rattraper tout ce que je n’ai pas pu manger hier : petit déjeuner, déjeuner buffet excellent, goûter sucré à 16h, cocktail de bienvenue du commandant avec sushi à 18h30, et à 19h30 le dîner… Et bien sûr si on a un petit creux au milieu de tout ça (tout est possible) il y a des gateaux secs et des cookies disponibles H24 dans le salon principal avec café, thé, chocolat… La nourriture sur le bateau est à la hauteur de sa réputation.
Après le petit déjeuner on assiste à un briefing à propos des zodiacs et de la procédure pour descendre à terre. Shane insiste principalement sur la fragilité de l’environnement que l’on va découvrir ! On doit surtout faire attention à ne rien apporter de l’extérieur qui pourrait changer l’écosystème unique du continent, aucune graine, rien de comestible, pas de terre.
En ce qui concerne la faune les règles sont strictes également, il existe un traité internationale, l’IAATO (International Association Antarctica Tours Operators) qui interdit de s’approcher à moins de 5 mètres d’un manchot, entre autres. On fait même une démonstration avec un manchot en peluche 😉 ! Bien-sûr si ce sont eux qui s’approchent de nous, ils sont particulièrement curieux envers l’homme, on doit stopper notre route et attendre qu’ils retournent vaquer à leur occupation. Sur les lieux que l’on va visiter l’équipe a fait en sorte qu’il y ai des « autoroutes » pour humains bien distinctes des « autoroutes » pour manchots ce qui ne les empêche pas de tester les autoroutes pour humains.(mettre une photo des deux).Du coup très souvent, comme ils sont très curieux ;-), on s’est retrouvé coincé à cause d’un problème de traffic de manchots :-). Plein de fois aussi on a eu la chance qu’un manchot s’approche à moins d’un mètre ou deux, dans ces cas là on s’assoit et on attend qu’il finisse de nous observer lui aussi. Pour nous aussi c’est passionnant de les voir évoluer dans leur milieu naturel. Concrètement une autoroute pour humain est muni de petits drapeaux rouges que l’équipe va planter avant qu’on débarque. Dans le but aussi de nous éviter des crevasses et des zones instables. Ce chemin (jamais unique, on était jamais les uns sur les autres et on avait toujours plusieurs routes à explorer) est important, on doit faire attention à ne pas trop s’enfoncer dans la poudreuse autour, un manchot peut facilement rester coincé dans un trou de bottes 🙁 ! J’ai passé pas mal de temps à reboucher les trous de visiteurs un peu moins observant mais on était très nombreux à veiller qu’il n’y ai pas trop de trace de notre passage !
Hormis les crevasses l’autre danger ce sont les phoques leopard (leopard seals), ce sont les plus beaux mais les plus agressifs aussi, les seuls qui essayent aussi parfois d’attaquer l’homme et le principal prédateur des manchots adultes. La semaine dernière une attaque a eu lieu sur un passager d’un autre bateau, quasi-mortelle…
(the pinguoins highway)
Il existe 4 groupes de zodiacs, tous ont des noms de grands explorateurs de l’Antarctique. Je signe pour le groupe Shackleton avec presque l’ensemble des autres jeunes backpackers avec lesquels j’ai pu faire plus ample connaissance aujourd’hui. A chaque débarquement ils vont appeler les zodiacs dans un ordre différent. Etre dans le groupe Shackleton c’est quand même le top de la classe, il faut que je vous explique qui il est !!
Petit intermède historique : Ernest Shackleton (1874-1922), britannique, était un des principaux explorateurs de l’Antarctique. A qui il est arrivé une histoire folle lors de l’expédition Endurance, dont il était le leader, en 1914. Le but était de traverser le continent d’un bout à l’autre (2900 km), via le pôle, un autre navire l’Aurora devait les attendre de l’autre côté. L’Endurance s’est trouvé emprisonné 10 mois dans les glaces et a été détruit progessivement par la pression exercée. Après avoir été obligé de quitté le bateau l’équipage a du vivre 2 mois sur la banquise qui, dérivant, les a rapproché d’une île. Ils mettent alors les canots à l’eau et naviguent pendant 5 jours pour atteindre l’île. Shackleton et 5 équipiers repartent ensuite chercher du secours à bord du plus gros canot, direction une des stations baleinières de l’époque. 15 jours de naviguation plus tard ils arrivent, épuisés. Ils doivent encore traverser l’île qu’ils ont atteinte pour trouver du secours. Au final la partie de l’équipage resté sur la première île est secouru 128 jours après le départ de Shackleton. Tout le monde a survécu a plus d’un an et demi en Antarctique.
Puis ils appellent les ponts un à un pour essayer les bottes (qu’ils nous prêtent) et décontaminer les affaires que l’on emmène à terre (mon sac est aspiré de fond en comble !). La décontamination des bottes se fera également avant et après chaque tour en zodiac.
(Ils veulent nous transformer en ambassadeur pour ce continent pour qu’il reste inviolé et juste voué à des recherches scientifique, a silent army they call us, dans le journal)
Le déjeuner est interrompu par des baleines (j’en veux bien tout le temps des interruptions comme celle-là;-)), on voit nos premières baleines à bosses, qui se déplacent souvent en groupe ! La journée n’est faite que de ça, une alternance de conférences (super intéressantes à propos des manchots (il y a 3 espèces différentes que l’on va pouvoir observer sur la péninsule), des phoques) et d’observation des baleines, on en voit au moins une cinquantaine plus ou moins proches. A partir de là ce sera comme ça tous les jours, jusqu’à une centaine de baleines par jour. Côté oiseaux des albatros et de nombreuses espèces de pétrels.
Et vers 16h c’est le premier iceberg qui apparaît, qui semble encore tout petit mais on va s’en approcher de très près, c’est splendide, tout le monde est super excité et ébahi ! Baleines, oiseaux, icebergs on ne sait plus où donner de la tête et ce n’est que le début !! Je passe beaucoup de temps sur le bridge à observer les icebergs géants et les baleines avec leur super jumelles ! Certains icebergs peuvent dériver pendant des décennies. En fait en surface on ne voit que 10% de l’iceberg, 90% de sa masse se trouve sous l’eau.
JA 18h30 c’est le cocktail de bienvenue du capitaine, il est russe comme le bateau, il nous dit que le drake n’a pas été clément mais que ça pouvait être encore bien pire, on verra au retour… Juste après c’est la réunion qui nous récapitule la journée et le programme de demain, il est plus que prometteur !!! On va aller sur le continent 🙂 !!
Après le repas les premières terres, les îles South Shetlands, sont en vue, je me sens comme une exploratrice d’une terre presque inconnue, en même temps de plus en plus d’icebergs, aux formes et aux couleurs folles, apparaissent, avec en fond un magnifique coucher de soleil quasi éternel et des baleines !! A notre position d’aujourd’hui il se « couche » à 22h51 et se « lève » à 3h45, c’est l’été austral, il ne se couche pas vraiment mais reste juste en dessous de la ligne d’horizon, baignant tous les paysages d’une lumière magique, il ne fera jamais nuit pour nous en Antarctique. Je ne vais d’ailleurs pas beaucoup dormir les prochains jours pour pouvoir profiter de tout ça ! Sur le pont je rencontre Pierre et Nathalie, finalement il y a 2 autres français à bord, ils sont au coeur d’un tour du monde d’un an.
L’heure du petit déjeuner reste à définir, on peut nous réveiller tôt, je ne doute pas que tout le monde sera sur le pont à la première heure demain !

Une réponse à “Antarctique, jour 3 : Spot the whales, « Iceberg droit devant »”
Magnifique la suite est attendu avec impatience ton pingouin de la croix rousse